La philanthropie, clé d’une Société humanisée

13 février 2017 § 1 commentaire

La philanthropie que les Grecs définissaient comme l’amour de l’autre, l’amour de la société, loin d’être une idée dépassée, connaît un regain d’intérêt sans doute en raison d’un certain effacement de l’Etat providence ; elle rejoint même l’entreprise, via le mécénat financier ou de compétence.

L’idée parfois reçue est que la philanthropie est l’affaire seulement des riches ; il est vrai que de grands noms s’y rattachent comme Rockefeller, Warren Buffet ou Bill Gates. Or, elle concerne chacun pour être l’expression d’une entraide, d’une solidarité et même d’une fraternité à l’égard de l’autre que la vie ou le malheur innocent blesse.

Dépassée cette triste formule : ce n’est pas mon problème, traduction d’une cynique indifférence mettant à mal la cohésion sociale. Quand les difficultés de l’autre nous deviennent étrangères, alors la Société souffre. Ce qui est fermé, fermente.

La philanthropie est cette attention vigilante à l’éloignement des situations de précarité, mais aussi une veille active pour refuser que la misère s’installe.

Ces jours-ci à Vannes, dans le Morbihan, je participais à la pose symbolique de première pierre d’une maison intergénérationnelle de 17 logements au cœur de la ville. J’observais la joie de ses concepteurs et celle de ceux qui se sont mobilisés pour que ce programme sorte de terre : des philanthropes, bénévoles, salariés, investisseurs de la finance solidaire suscitant une économie de bienveillance.

Je fus accueilli sur le chantier par une personne encore jeune, éprouvée moralement et physiquement, son handicap l’obligeant à se mouvoir dans un fauteuil, d’où la nécessité de disposer d’un logement prenant en compte son invalidité et la modicité de ses ressources.

Un sourire éclairait son visage. Un propriétaire solidaire, me dit-elle, comprenant mes difficultés, vient de m’offrir un logement adapté ; ma vie en est transformée.

N’est-ce pas cela l’attention au prochain, se faire proche pour que l’humanité ne se dise pas seulement avec des mots, mais se traduise en actes.

C’est un autre propriétaire solidaire, juge de profession. Appelé à connaître un contentieux pour des impayés de loyers, il relève que les incidents de règlements ne sauraient être imputés à la mauvaise foi mais à l’impossibilité pour ce locataire défaillant de supporter un tel loyer et charges au regard de son reste à vivre.

Comprenant, alors il entreprend. Un appartement familial se libère ; il le propose, moyennant un loyer permettant à ce foyer monoparental de ne pas sombrer une nouvelle fois. La fraternité toujours élève et relève.

Dans les deux cas, les bailleurs opèrent un déplacement. A la loi aveugle du marché, ils substituent la philanthropie.

Ces deux histoires sont trop belles pour être vraies, peut-être direz-vous, et pourtant elles sont authentiques ; elles portent la trace de la philanthropie, transformatrice des relations.

Ces deux philanthropes ne doivent sans doute pas être étrangers à cette belle expression de Jean-Claude Guillebaud : « l’espérance fait naître deux beaux enfants, la colère contre les injustices et le courage de s’y attaquer ».

Devenir philanthrope, c’est offrir à la Société une fraîcheur qui singulièrement lui manque.

Oui, tous, devenons des acteurs de la philanthropie, elle est une des clés de cet autrement que chacun confusément recherche.

Bernard Devert
Févier 2017

Il est de ces moments où la solidarité doit s’effacer devant la fraternité

7 février 2017 § Poster un commentaire

La rue se révèle tristement et douloureusement l’espace d’errance pour trop de personnes, y compris des familles.

Il est des drames que nous ne voulons et ne pouvons pas esquiver ; il faut agir, conscients que ce que nous ferons, sera toujours insuffisant mais il est essentiel de le faire, suivant le mot de Gandhi.

Claus Drexel a réalisé un film documentaire « Au bord du monde », paroles de la rue ; il se termine par cette question : « Que faire » ?

Comment aborder cette situation s’aggravant d’année en année, mais qui dramatiquement se banalise pour s’inscrire dans le paysage, voilant la désespérance de ceux qui sont au « bord du monde ».

Ce « Pays est trop sage » pour prendre les moyens de dire non à cette déshumanisation. Il est des sagesses, paresse de l’esprit et du cœur, se révélant meurtrières de l’humain.

Des familles avec des enfants, des personnes âgées malades sont condamnées chaque soir à faire le 115 pour trouver un abri. Certaines ne le trouvent pas. La rue alors s’impose brutalement avec sa cohorte de dangers qu’aucun bouclier ne peut arrêter, d’où les traces profondes sur les visages et celles invisibles   mais non moins réelles   sur le plan psychique.

La fraternité est mise à mal chaque jour.

Les indignations pour garder l’illusion d’une solidarité ne manquent pas ; elles permettent de rester à distance d’une situation insupportable : un agir anesthésié pour ne point couler devant un mal si destructeur de la personne.

Que faire ?

Bernanos écrit : « les pauvres ont le secret de l’espérance ». Alors qu’humainement, ils n’ont plus ou peu d’horizon, ils se révèlent des lanceurs de fraternité.

Que faire, si ce n’est risquer la fraternité. Il s’agit de les rejoindre dans un esprit de partage, non pas dans le sens de répartir un butin, un gâteau, car c’est alors entrer dans une division mais dans celui de mettre en commun des projets, par là même rassembler.

Oui que faire, entrer dans une hospitalité qui bien plus qu’une solidarité, se révèle une fraternité.

A ce programme, donnons corps et cœur.

Bernard Devert
Février 2017

L’aménagement du territoire, une nécessité urgente pour sortir du mal-logement

30 janvier 2017 § Poster un commentaire

Si le logement social est la première condition pour ‘faire société’, il se révèle trop souvent un marqueur stigmatisant quand il n’est pas discriminant. Au plus haut niveau de l’Etat, Manuel Valls, alors Premier Ministre, dénonçait des traces de ghettoïsation ; l’expression, contestée bruyamment, n’est cependant pas sans pertinence.

Des mesures, désormais, sont retenues pour que les quartiers fracturés n’accueillent plus – ou moins – les foyers désocialisés, observant combien cette absence de politique assassine la cohésion sociale.

L’heure est d’ouvrir un grand chantier invitant la Nation à se réconcilier avec ses cités.

Le corps social est confronté à un cancer métastasé qui le ronge inexorablement. Le diagnostic, établi chaque année, fait part d’une aggravation du mal logement, pour se développer plus vite que la capacité de tous les acteurs à l’enrayer.

Christian Noyer, en qualité de Gouverneur de la Banque de France, adressa en mai 2013 une lettre au Président de la République mettant en exergue la distorsion entre les crédits affectés au logement (47 Mds €) et l’impossibilité d’en découdre avec ce mal.

Aussi, s’interrogeait-il sur l’absence de doutes et le manque de débats sur les causes de ce qu’il nommait l’inefficacité.

Que faire quand 60 000 personnes rejoignent chaque année la Région de l’Île de France nécessitant de bâtir tous les 12 mois l’équivalent d’une petite ville ; quand 600 000 candidats demandent un toit décent sur ce même territoire et que 24 000 sans-domicile sont assignés à la rue à Paris (144 000 sur la France entière), quand le 115 ne parvient plus à faire face même s’il s’agit d’un SOS de personnes malades, au soir de leur vie, ou encore des mamans et leurs enfants.

S’impose une urgente réflexion pour trouver un traitement. Cette déshumanisation inacceptable met la société en risque de rupture à un moment où les populismes l’instrumentalisent.

La réponse n’est pas seulement de construire plus, mais de s’interroger sur l’aménagement du territoire qui, insuffisant, met en état de choc le logement social absorbant le manque de régulation.

Les grandes villes sont de magnifiques vitrines, mais leurs propositions sont inaccessibles aux personnes fragilisées, logées très souvent au bout du bout des agglomérations qui, s’étalant, éloignent des centres les plus pauvres.

Dans le même temps, des petites et moyennes villes offrent des milliers de logements affichant à louer, à vendre, confirmant un désert déjà bien avancé. Comment ne pas partir puisqu’il n’y a pas de travail ! Seulement, les demandeurs d’emploi – plus de 5 millions –le trouvent-ils davantage dans les grandes agglomérations.

Le travail se modifie et la prégnance du numérique va accélérer encore le changement, d’où des ouvertures inouïes que l’aménagement du territoire devrait accompagner.

La question ne mérite-t-elle pas d’être étudiée dans la perspective d’une économie s’attachant au réel. Notre société gagnerait en humanité.

Bernard Devert
Janvier 2017

La rencontre « des vieux », une chance pour un monde plus humanisé

25 janvier 2017 § 1 commentaire

Que de personnes confrontées au grand âge sont en deuil au regard du vivre-ensemble, considérant qu’elles sont inutiles, jusqu’à se penser comme une charge.

J’aimerais leur dire qu’elles sont une chance.

  • Chance, pour nous aider à sortir de l’idée mortifère de la puissance conduisant à évaluer la personne à l’aune de son utilité, de sa capacité à produire.

Faut-il attendre les drames pour s’apercevoir ‑ et donc changer ‑ qu’ils sont, pour partie, liés au refus d’accueillir la vulnérabilité.

  • Chance, pour reconnaître qu’à l’école de l’humanité, « les vieux » sont des maîtres ; l’expression est naturellement empathique à leur égard. Ils n’ont nul besoin de ces ouvrages qui encombrent et permettent de se cacher derrière un savoir académique, leur parole est libérée, épurée par les épreuves surmontées par l’intelligence de la vie.
  • Chance, d’être les héritiers d’une histoire, jamais indifférente à l’avenir de ceux qui la reçoivent.
  • Chance, de rencontrer ces aînés. Leurs rides ne sont-elles pas trace des aridités traversées. Leurs visages livrent avec pudeur les combats dont ils sont sortis vainqueurs dans ce passage de la possession à la libération, si bien exprimé par cet explorateur de l’esprit qu’est René Daumal, dans le Mont Analogue :

« Je suis mort parce que je n’ai pas de désir ; je n’ai pas de désir, car je crois posséder. Je crois posséder parce que je n’essaie pas de donner. Essayant de donner, on voit qu’on n’a rien. Voyant qu’on n’a rien, on essaie de se donner. Essayant de se donner, on voit qu’on n’est rien. Voyant qu’on n’est rien, on désire devenir. Désirant devenir, on vit ».

Ce trésor de vie naît de l’accumulation des pertes des idées toutes faites laissant jaillir des cœurs – non point lézardés mais creusés – une espérance que le temps patine.

A la prétention des savoirs, vous offrez, chers aînés, une richesse inattendue : le temps n’est pas l’ennemi, il est le dévoilement de ce qui, enfoui, s’avère l’essentiel, déjà l’éternel, que seule la fragilité révèle.

Bernard Devert
Janvier 2017

La fragilité, semence d’humanité

16 janvier 2017 § 1 commentaire

Elus de Luzy, à commencer par son Maire, Jocelyne Guérin, Vice-présidente du Conseil Départemental de la Nièvre, les responsables des Services sociaux et représentants des associations et paroisses, tous se sont mobilisés, titre le journal de Saône et Loire, ce 7 janvier, pour l’accueil de deux familles roms.

Quelle belle histoire !

Elle est le fruit de l’engagement de Monsieur Michel Delpuech, Préfet de Région Auvergne-Rhône –Alpes, Préfet du Rhône, de l’initiative de Monsieur Xavier Inglebert, Préfet, Secrétaire Général de la Préfecture du Rhône qui a mis en place un dispositif novateur d’insertion par l’emploi et l’école, dénommé I2E.

Il y a un peu plus d’un an, le 23 décembre 2015, 32 familles roms quittaient leurs bidonvilles où elles survivaient depuis plus de 5 ans, rejoignant deux sites d’insertion à Saint Genis les Ollières et à Saint Priest, dans le Rhône.

Les oppositions dures et sans nuances se sont exprimées non sans violences verbales Les représentants de l’Etat ne se sont pas départis de l’exigence des trois valeurs de la République. A notre place, au regard de notre engagement, nous les avons accompagnés, fiers de leur détermination à résister, dans la perspective de ne point condamner mais de susciter de nouveaux possibles.

En janvier 2015, il y eut un refus massif quant à l’accueil de ces enfants dans les écoles de la République, mais pour autant, la Nation n’a pas failli. Elle a organisé, pour les enfants et leurs parents, des cours, assurés par des professeurs volontaires de l’éducation nationale ; ils n’ont pas ménagé leur temps et leur enthousiasme pour que ce dispositif permette à ces personnes, trop longtemps discriminées, de sortir de leur accablement.

Si les difficultés n’ont pas manqué, que de bénévoles ont accompagné l’association Habitat et Humanisme – mandatée par la Préfecture pour la gestion de ces sites – afin que cessent les discriminations blessant la cohésion sociale.

En septembre 2016, tous les enfants étaient scolarisés dans les écoles de la République. Magnifique avancée : l’indifférence est brisée, la fraternité se révèle plus forte que le mépris.

En ces premiers jours de l’an, deux familles roms sont accueillies dans la Nièvre. Elles trouvent un logement adapté à leurs ressources, un emploi à mi-temps pour commencer et une scolarité sécurisée pour les enfants. Un nouvel accompagnement se met en place.

Quel parcours pour ces familles qui entrevoient depuis un an qu’un avenir est possible.

Heureuse attention de la part des professeurs des écoles qui, en dehors de leurs cours, s’investissent pour accueillir ces enfants, leur faisant découvrir qu’ils comptent. N’est-ce pas cela faire exister.

La pédagogie, quand elle est traversée par cette humanité, est un éveil, offrant le passage d’un étonnement à l’émerveillement de par ces regards qui vous espèrent.

Quelle joie d’entendre Madame le Maire de Luzy les accueillir avec des mots si justes qui honorent notre Nation : « il faut que nous mettions ces familles en situation de réussite » ; elle sera aussi la nôtre ; décidément la fragilité est semence d’humanité.

Bernard Devert
Janvier 2017

Résister, un enjeu sociétal et spirituel

10 janvier 2017 § 1 commentaire

Résister donne sens à nos engagements ; il traverse fort justement de nombreux vœux partagés. D’aucuns évoquent la nécessité de résister à la mondialisation. Si elle suscite des craintes et des périls avérés, ne se présente-t-elle pas aussi comme une ouverture.

A vouloir la combattre, nous risquons de nous enfermer dans un monde clos qui n’est pas sans faire le lit des populismes.

Résister à l’égard des puissants, mais nombre d’entre eux ne sont pas ce que l’on voudrait faire croire pour tenter de présenter la société en noir et blanc. Le manichéisme a des conséquences tragiques.

Résister contre les pouvoirs, mais veillons à ne point sombrer dans l’apostrophe de Péguy : « ils ont les mains propres, mais il est vrai qu’ils n’ont pas de mains ».

En cette année d’élections dont les incertitudes disent les inquiétudes, l’heure est celle d’une vigilance pour que le pouvoir, loin d’être refusé, soit recherché dans la perspective du service. Une utopie, mais si les résistants la désertent qui la portera dans cette conviction qu’elle est la vérité de demain, suivant le mot de Victor Hugo.

Le champ économique appelle également des résistants décidés à promouvoir une nouvelle finance qui, s’inscrivant dans le solidaire, crée de l’inespéré comme la non-violence. Gandhi, qui en est le père, rappelle combien il fut influencé par Léon Tolstoï, l’auteur du « Faux Coupon ».

L’entrepreneuriat social au sein des entreprises progresse. Aussi convient-il de se mettre à distances des condamnations et anathèmes paralysant balbutiements et essais.

Résister, ce n’est point condamner mais susciter de nouveaux possibles.

Entrer en résistance, c’est passer du « moi chose », du « moi préfabriqué » à une libération à l’égard des illusions de puissance. L’homme n’est pas encore né, dit Zundel. Cette naissance est le fruit d’une résistance pour que l’esprit l’emporte sur le biologique.

Nos sociétés sont divisées ; d’aucuns plaident un retour à l’ordre moral, considérant qu’elles ont perdu leurs repères, d’autres dans un nihilisme pensent que la vie n’a pas de sens. Or résister, c’est veiller à ne point être des fossoyeurs de l’espérance. Quelle tâche ; elle est au cœur d’un enjeu sociétal et spirituel majeur.

Résister est la voie royale de l’humanisation. Impossible d’y parvenir si l’on ne risque pas la rencontre, le débat, voire l’échec, mais le « résistant » toujours monte vers les cimes. « Tout ce qui monte converge » dit si justement Teilhard de Chardin.

Bernard Devert
Janvier 2017

 

Des vœux à échanger pour changer et faire changer

3 janvier 2017 § Poster un commentaire

Depuis des lustres, le passage à l’année nouvelle est le temps d’une présentation des vœux, de santé, de bonheur, de réussite. Ne viennent-ils pas fort légitimement circonscrire l’inquiétude que réserve l’inconnu.

Ces vœux ne répondent pas seulement à un rite ; ils sont au temps, ce que le phare est à la mer : une lumière. C’est dire combien ils sont précieux. Ne témoignent-ils pas aussi, dans l’échange, de l’estime de l’autre jamais indifférente à l’estime de soi. S’ouvrent alors des espaces de sérénité, de confiance, de foi que la philosophe Simone Weil présente comme l’intelligence éclairée par l’amour.

Qui n’est pas dans l’attente, sans doute sourde mais réelle, d’une intelligibilité de ce que nous avons à vivre sans se laisser enfermer dans la rationalité pour ne pas oublier que l’on ne comprend bien qu’avec le cœur.

Ce monde a un besoin éperdu de tendresse qui ne lui sera offerte que si se lèvent des petits princes.

L’intelligence de la vie est au rendez-vous de toute naissance. Les questions alors fusent : que deviendra cet enfant, dans quel monde vivra-t-il ? L’émerveillement pour dissoudre les absurdités fait surgir la responsabilité, un éveil au meilleur de soi-même.

Souhaiter que l’année soit un berceau, ce n’est point tomber dans l’infantilité, mais s’élever vers les idéaux de notre jeunesse qui protègent des rides de l’âme qui, toujours, pour se nourrir de l’usure du temps, font plier l’espérance.

La vie, pour être accueillie, a besoin de berceaux. Seulement, ils ne s’envisagent et ne se façonnent que dans l’amour.

Ne serions-nous pas là au cœur des vœux que nous voulons voir se réaliser. Quel bonheur possible quand des enfants sont dans une souffrance sociale condamnant leur avenir. Quel respect de la vie quand des frères abîmés par l’hostilité meurtrière ne trouvent pas le berceau de l’hospitalité.

Les vœux, pour qu’ils ne soient pas des mots vains, doivent être un levain. Alors, ils sont un appel à se mettre debout pour lutter contre les déshumanisations et faire entrevoir ces signes nombreux qui, donnant des raisons d’espérer, éloignent du défaitisme, annonciateur du chaos.

François Cheng, dans son ouvrage ‘De l’âme’ : « sur le tard, je me découvre une âme…je l’avais aussitôt étouffée en moi de peur de paraître ridicule…je comprends que le temps est venu de relever le défi ». Il précise dans sa cinquième lettre : « il m’est donné de comprendre que la vraie bonté ne se réduit pas à quelques bons sentiments ou sympathies de circonstance, encore moins à une sorte d’angélisme naïf ou bonasse. Elle est d’une extrême exigence ». Nos vœux ne pourraient-ils pas l’accueillir.

Alors privilégiant les audaces et le consentement aux incompréhensions qu’elles font naître, une belle année se préparerait pour être parée de la lumière du sens. Qui ne le recherche pas ?

Bernard Devert
Décembre 2016