Lettre à Mesdames, Messieurs, les candidats à la Présidence de la République

21 mars 2017 § Poster un commentaire

Précarité et pauvreté rongent le tissu social. Est-ce par résignation, indifférence que le silence gagne du terrain au point que vos programmes politiques soient si peu précis sur le logement, alors qu’il est le premier marqueur des ruptures sociétales.

Il est injuste de dire que rien n’est fait, mais il est juste de s’interroger sur cette montée endémique des inégalités, entrainant l’isolement des plus démunis et ces rejets, signes de souffrance.

Acceptez-vous de nous partager vos diagnostics suivis des traitements que vous entendez mettre en œuvre pour guérir ce corps social enfiévré. La première urgence est celle de gestes d’hospitalité à l’égard de ceux qui vivent dans la rue et/ou dans des conditions déshumanisantes.

La politique ne se réduit pas à des actes de gestion, elle est une vision dynamique et enthousiaste à l’adresse des concitoyens pour faire se lever au sein de la Nation, des énergies et des synergies créatrices d’espoir. Les réponses sont toujours à la hauteur de la confiance.

Voulez-vous prendre l’engagement de défendre les plus vulnérables pour faire de l’habitat une des grandes causes nationales. Trois urgences :

  • réconcilier la Nation avec ses Cités.

Les ‘machines à loger’, affichant lèpre et détresse, sont à détruire. Le chantier à ouvrir doit s’articuler autour de trois exigences : les équipements et services publics de qualité ; une attention forte portée à la culture et à l’enseignement adapté. Il n’est pas tolérable de consentir à ce que les enfants de quartiers déshérités soient ‘punis’ par une discrimination brisant leur avenir ; enfin un habitat ‘désirable’, suivant l’expression du Président de l’USH, Jean-Louis Dumont.

  • introduire une politique de l’aménagement du territoire.

600 000 candidats espèrent un logement décent en Île de France. 60 000 personnes rejoignent chaque année ce territoire alors que les villes, petites et moyennes, affichent des milliers de logements vacants.

La raison de cet exode serait l’accès au travail, mais les demandeurs d’emploi – plus de 5 millions – le trouvent-ils davantage dans les grandes agglomérations ? Le territoire ne peut rester étranger à la révolution du numérique, appelée à transformer la vie professionnelle et l’accès à l’habitat.

  • veiller au prendre-soin des personnes.

Le ‘reste pour vivre’ est pour trop de nos concitoyens une survie, d’où une approche des solidarités, comprise non en termes de coût mais d’investissements.

Les surloyers de solidarité (SLS) – retenus en deuxième lecture comme une option par la loi ALLUR –s’imposeront aux fins d’atténuer les loyers et charges des plus démunis, suivant la requête présentée conjointement par ATD Quart Monde et HH.

Les charges, sauf dans les foyers-logements, n’étant pas prises en compte dans le calcul de l’APL, l’habitat social est à réhabiliter en priorité pour réduire les frais de chauffage, impactant d’autant le reste pour vivre.

Nulle attaque dans ces propos, observant l’engagement de bien des acteurs publics et privés à refuser l’inacceptable. Vous qui vous présentez à la magistrature suprême, entendez cet appel pour la mise en œuvre d’un urbanisme et d’une politique sociale de l’habitat honorant les valeurs de notre société.

N’ayez pas peur de demander un effort, la Nation sera fière de le vivre, une chance pour se rassembler.

Bernard Devert
Fondateur d’Habitat et Humanisme

Pour faire, il faut veiller à ne point s’abstraire du champ poétique

16 mars 2017 § Poster un commentaire

Que faire, telle est la question que nous nous posons devant des situations absurdes, chaotiques ou celles encore mettant à mal l’éthique.

Que faire : se mettre à rêver ! Vous n’y pensez pas, me direz-vous, l’heure n’est pas de rêvasser mais d’agir.

Or justement, « faire » en grec se dit poliein qui a donné en français le mot poésie.

Un poète, contrairement à ce que l’on pense, n’est pas un être perdu dans des pensées vagues et éloignées du réel, il est d’abord celui qui fait exister, et exister autrement.

Lorsque le rêve, la poésie désertent nos espaces, le pessimisme destructeur s’installe avec pour conséquence ces « à quoi bon » défaitistes et permissifs, fracturant la Société.

Le poète, de par sa part de rêve, élève l’âme permettant d’accéder au meilleur de soi-même. L’élitisme est alors compris comme une invitation à servir plutôt qu’à se servir.

S’efforcer de faire ce que nous avons à faire, c’est transférer la trace du rêve dans le monde que nous avons à bâtir.

Quand nos rêves ne se réalisent pas, ne les accusons pas, mais demandons-nous plutôt si nous les avons suffisamment rêvés.

Le rêve n’est pas une évasion, mais un trésor pour être l’expression d’un autrement possible.

Il est à la fois une voie qui donne à entendre des voix se révélant une chorale dont Michel Serres dit qu’elle est le modèle réduit d’une Société idéale. Dans la disharmonie d’un monde, n’avons-nous pas besoin d’entendre de nouveaux accords que la poésie et le rêve font naître.

Alors, mettons-nous à la tâche, elle n’est pas sans noblesse. La Genèse ne nous rappelle-t-elle pas que Dieu fit le ciel et la terre ; Il est ainsi le plus grand des poètes nous appelant à le devenir pour poursuivre l’œuvre de création.

Vous conviendrez qu’un peu de rêve et de poésie seraient bienvenus dans le programme de nos candidats à l’élection suprême ; ne point l’espérer, c’est se défaire de la seule exigence qui vaille, humaniser notre terre.

Bernard Devert
Mars 2017

« Face de Carême, ou faire face à ce qui déshumanise ».

28 février 2017 § Poster un commentaire

Le mot carême flirte avec celui de pénitence, quasiment une mise en quarantaine, alors qu’il est le temps d’un voyage – et quel voyage – s’agissant de quitter le pays de l’ombre pour celui de la lumière.

Quitter, c’est prendre de la distance avec ce qui enferme, parfois emmure, telle l’illusion des arrière-mondes et l’amertume des paradis perdus.

Le Carême est une élévation ; il s’agit de prendre de la hauteur, non point en rêvassant, mais dans cette recherche très concrète de changer et de faire changer des situations déshumanisantes.

Comment ?

Trois propositions qui concourent à être plus humain – par-là même s’approcher du plus Divin – sont offertes : l’aumône, la prière et le jeûne ; elles ne sont pas exclusives les unes des autres, mais complémentaires.
Quand l’une d’elles est absente ce serait partir, comme en montagne, pour une course solitaire alors qu’il s’agit de vivre un temps solidaire. Le Carême, une cordée, non point une corvée.
•    L’aumône est un prendre-soin de ceux confrontés à la souffrance et au désespoir. De l’isolement au reste pour vivre s’apparentant à une survie, les causes sont dramatiquement plurielles. L’heure n’est pas de juger mais de discerner ce qu’il est possible de susciter, de créer pour faire reculer l’inacceptable.
Magnifique Exultet la nuit de Pâques si la déshérence et l’errance s’effacent pour faire place à la délivrance.

•    La prière est une complicité avec le Christ n’oubliant point qu’Il nous appelle ses amis.
La course – et le carême est de celle-là – nécessite des refuges : le temps d’une halte pour se reprendre, aux fins de trouver les forces de poursuivre.
Les parois des refuges sont témoins de plaintes : « pourquoi suis-je là », ne serai-je pas un peu « maso » alors qu’il y a tant de plaisirs qui, en bas, m’attendent.
Les refuges sont le temps d’un passage – notre Pâque commencée – pour comprendre que les plaisirs passent et que, seul, le bonheur de se dépasser suscite une transformation.
Magnifique Exultet la nuit de Pâques pour avoir recherché non pas tant à gravir les sommets qu’à franchir des abîmes, à commencer par les nôtres.

•    Le jeûne est ce moment où l’on se met à la table de la Parole, creusant en nous une autre faim pour quitter les inessentiels et rejoindre ceux dont le cœur est si lourd qu’ils vivent agenouillés.
Magnifique Exultet la nuit de Pâques pour se laisser habiter par la Parole donnant chair à l’espérance.

Joyeux Carême.

Bernard Devert
Février 2017

L’urgence d’un vote pour guérir les fractures

23 février 2017 § Poster un commentaire

L’absence d’entraide et de bienveillance se révèle une violence qui ôte à la Société cohérence et cohésion.

En cette période de discernement, liée à l’élection présidentielle, comment ne pas rechercher dans les programmes l’attention portée à cette question fondatrice de nos sociétés : « suis-je le gardien de mon frère » ?

Quelles traces du prendre-soin, observons-nous à l’égard des personnes blessées par la vie pour que chaque citoyen bénéficie d’une égale dignité.

Il n’est pas inutile de rappeler le cri de Frédéric Ozanam devant la violence de la Société industrielle du 19ème siècle : « la question qui agite aujourd’hui le monde autour de nous n’est ni une question de personne, ni une question de formes politiques, c’est une question sociale […] il y a beaucoup d’hommes qui ont trop et qui veulent avoir encore ; il y en a beaucoup d’autres qui n’ont rien et qui veulent prendre si on ne leur donne rien. D’un côté, la puissance de l’or, de l’autre la puissance du désespoir ».

Qui ne voit pas que la Société est menacée par de graves iniquités et des excès insupportés pour insulter le devenir de ceux confrontés à des « restes pour vivre » indécents, jusqu’à se trouver dans l’impossibilité d’avoir un toit. Le consentement à l’égard de ces situations, fût-il passif, relève d’une agression intolérable ; elle doit cesser.

La bienveillance n’est jamais paresse de l’esprit pour être une veille à l’égard des situations qui fracturent la Société.

Oui, interrogeons-nous quant à la traçabilité des solidarités nécessaires pour briser sans délai l’insupportable misère avec « l’ardente obligation » de faire reculer dans les cinq prochaines années les précarités, sans oublier de faire naître des projets collectifs dépassant les intérêts partisans.

Quand une Société déserte la joie de se rassembler pour se dépasser, alors elle se meurt.

Quatre propositions s’imposent avec acuité :

  • réconcilier la Nation avec ses Cités.
  • repenser l’aménagement du territoire, une urgence pour sortir du mal-logement.
  • valoriser les personnes fragilisées notamment par l’âge et la perte d’autonomie. Le vieillissement devant être considéré non comme une charge, mais une chance pour offrir à notre société plus d’humanité.
  • construire une Europe qui ne soit plus prise en otage pour lui faire porter nos erreurs ou la restreindre à un marché. Aussi sera-t-il recherché avec les États membres une participation de la jeunesse au Conseil de l’Europe, via des réseaux, tel celui d’Erasmus, pour faire de ce « vieux continent » un espace créateur de liberté et de plus grande solidarité.

Loin des surenchères, le possible doit surgir sans nous éloigner du souhaitable. Quittant alors les arrogances de ces programmes qui clôturent l’avenir ou de ceux qui prônent les facilités mensongères, la vie politique trouverait un consensus, celui-là même que fait naître l’enthousiasme partagé.

Les sensibilités peuvent être fort heureusement différentes, mais pour que les urnes recueillent les votes, encore faut-il que cessent ces promesses sans lendemain pour des engagements tenables, habités par ce souffle de « vouloir faire de grandes choses ensemble », suivant l’expression d’Ernest Renan.

Bernard Devert
Février 2017

La philanthropie, clé d’une Société humanisée

13 février 2017 § 1 commentaire

La philanthropie que les Grecs définissaient comme l’amour de l’autre, l’amour de la société, loin d’être une idée dépassée, connaît un regain d’intérêt sans doute en raison d’un certain effacement de l’Etat providence ; elle rejoint même l’entreprise, via le mécénat financier ou de compétence.

L’idée parfois reçue est que la philanthropie est l’affaire seulement des riches ; il est vrai que de grands noms s’y rattachent comme Rockefeller, Warren Buffet ou Bill Gates. Or, elle concerne chacun pour être l’expression d’une entraide, d’une solidarité et même d’une fraternité à l’égard de l’autre que la vie ou le malheur innocent blesse.

Dépassée cette triste formule : ce n’est pas mon problème, traduction d’une cynique indifférence mettant à mal la cohésion sociale. Quand les difficultés de l’autre nous deviennent étrangères, alors la Société souffre. Ce qui est fermé, fermente.

La philanthropie est cette attention vigilante à l’éloignement des situations de précarité, mais aussi une veille active pour refuser que la misère s’installe.

Ces jours-ci à Vannes, dans le Morbihan, je participais à la pose symbolique de première pierre d’une maison intergénérationnelle de 17 logements au cœur de la ville. J’observais la joie de ses concepteurs et celle de ceux qui se sont mobilisés pour que ce programme sorte de terre : des philanthropes, bénévoles, salariés, investisseurs de la finance solidaire suscitant une économie de bienveillance.

Je fus accueilli sur le chantier par une personne encore jeune, éprouvée moralement et physiquement, son handicap l’obligeant à se mouvoir dans un fauteuil, d’où la nécessité de disposer d’un logement prenant en compte son invalidité et la modicité de ses ressources.

Un sourire éclairait son visage. Un propriétaire solidaire, me dit-elle, comprenant mes difficultés, vient de m’offrir un logement adapté ; ma vie en est transformée.

N’est-ce pas cela l’attention au prochain, se faire proche pour que l’humanité ne se dise pas seulement avec des mots, mais se traduise en actes.

C’est un autre propriétaire solidaire, juge de profession. Appelé à connaître un contentieux pour des impayés de loyers, il relève que les incidents de règlements ne sauraient être imputés à la mauvaise foi mais à l’impossibilité pour ce locataire défaillant de supporter un tel loyer et charges au regard de son reste à vivre.

Comprenant, alors il entreprend. Un appartement familial se libère ; il le propose, moyennant un loyer permettant à ce foyer monoparental de ne pas sombrer une nouvelle fois. La fraternité toujours élève et relève.

Dans les deux cas, les bailleurs opèrent un déplacement. A la loi aveugle du marché, ils substituent la philanthropie.

Ces deux histoires sont trop belles pour être vraies, peut-être direz-vous, et pourtant elles sont authentiques ; elles portent la trace de la philanthropie, transformatrice des relations.

Ces deux philanthropes ne doivent sans doute pas être étrangers à cette belle expression de Jean-Claude Guillebaud : « l’espérance fait naître deux beaux enfants, la colère contre les injustices et le courage de s’y attaquer ».

Devenir philanthrope, c’est offrir à la Société une fraîcheur qui singulièrement lui manque.

Oui, tous, devenons des acteurs de la philanthropie, elle est une des clés de cet autrement que chacun confusément recherche.

Bernard Devert
Févier 2017

Il est de ces moments où la solidarité doit s’effacer devant la fraternité

7 février 2017 § Poster un commentaire

La rue se révèle tristement et douloureusement l’espace d’errance pour trop de personnes, y compris des familles.

Il est des drames que nous ne voulons et ne pouvons pas esquiver ; il faut agir, conscients que ce que nous ferons, sera toujours insuffisant mais il est essentiel de le faire, suivant le mot de Gandhi.

Claus Drexel a réalisé un film documentaire « Au bord du monde », paroles de la rue ; il se termine par cette question : « Que faire » ?

Comment aborder cette situation s’aggravant d’année en année, mais qui dramatiquement se banalise pour s’inscrire dans le paysage, voilant la désespérance de ceux qui sont au « bord du monde ».

Ce « Pays est trop sage » pour prendre les moyens de dire non à cette déshumanisation. Il est des sagesses, paresse de l’esprit et du cœur, se révélant meurtrières de l’humain.

Des familles avec des enfants, des personnes âgées malades sont condamnées chaque soir à faire le 115 pour trouver un abri. Certaines ne le trouvent pas. La rue alors s’impose brutalement avec sa cohorte de dangers qu’aucun bouclier ne peut arrêter, d’où les traces profondes sur les visages et celles invisibles   mais non moins réelles   sur le plan psychique.

La fraternité est mise à mal chaque jour.

Les indignations pour garder l’illusion d’une solidarité ne manquent pas ; elles permettent de rester à distance d’une situation insupportable : un agir anesthésié pour ne point couler devant un mal si destructeur de la personne.

Que faire ?

Bernanos écrit : « les pauvres ont le secret de l’espérance ». Alors qu’humainement, ils n’ont plus ou peu d’horizon, ils se révèlent des lanceurs de fraternité.

Que faire, si ce n’est risquer la fraternité. Il s’agit de les rejoindre dans un esprit de partage, non pas dans le sens de répartir un butin, un gâteau, car c’est alors entrer dans une division mais dans celui de mettre en commun des projets, par là même rassembler.

Oui que faire, entrer dans une hospitalité qui bien plus qu’une solidarité, se révèle une fraternité.

A ce programme, donnons corps et cœur.

Bernard Devert
Février 2017

L’aménagement du territoire, une nécessité urgente pour sortir du mal-logement

30 janvier 2017 § Poster un commentaire

Si le logement social est la première condition pour ‘faire société’, il se révèle trop souvent un marqueur stigmatisant quand il n’est pas discriminant. Au plus haut niveau de l’Etat, Manuel Valls, alors Premier Ministre, dénonçait des traces de ghettoïsation ; l’expression, contestée bruyamment, n’est cependant pas sans pertinence.

Des mesures, désormais, sont retenues pour que les quartiers fracturés n’accueillent plus – ou moins – les foyers désocialisés, observant combien cette absence de politique assassine la cohésion sociale.

L’heure est d’ouvrir un grand chantier invitant la Nation à se réconcilier avec ses cités.

Le corps social est confronté à un cancer métastasé qui le ronge inexorablement. Le diagnostic, établi chaque année, fait part d’une aggravation du mal logement, pour se développer plus vite que la capacité de tous les acteurs à l’enrayer.

Christian Noyer, en qualité de Gouverneur de la Banque de France, adressa en mai 2013 une lettre au Président de la République mettant en exergue la distorsion entre les crédits affectés au logement (47 Mds €) et l’impossibilité d’en découdre avec ce mal.

Aussi, s’interrogeait-il sur l’absence de doutes et le manque de débats sur les causes de ce qu’il nommait l’inefficacité.

Que faire quand 60 000 personnes rejoignent chaque année la Région de l’Île de France nécessitant de bâtir tous les 12 mois l’équivalent d’une petite ville ; quand 600 000 candidats demandent un toit décent sur ce même territoire et que 24 000 sans-domicile sont assignés à la rue à Paris (144 000 sur la France entière), quand le 115 ne parvient plus à faire face même s’il s’agit d’un SOS de personnes malades, au soir de leur vie, ou encore des mamans et leurs enfants.

S’impose une urgente réflexion pour trouver un traitement. Cette déshumanisation inacceptable met la société en risque de rupture à un moment où les populismes l’instrumentalisent.

La réponse n’est pas seulement de construire plus, mais de s’interroger sur l’aménagement du territoire qui, insuffisant, met en état de choc le logement social absorbant le manque de régulation.

Les grandes villes sont de magnifiques vitrines, mais leurs propositions sont inaccessibles aux personnes fragilisées, logées très souvent au bout du bout des agglomérations qui, s’étalant, éloignent des centres les plus pauvres.

Dans le même temps, des petites et moyennes villes offrent des milliers de logements affichant à louer, à vendre, confirmant un désert déjà bien avancé. Comment ne pas partir puisqu’il n’y a pas de travail ! Seulement, les demandeurs d’emploi – plus de 5 millions –le trouvent-ils davantage dans les grandes agglomérations.

Le travail se modifie et la prégnance du numérique va accélérer encore le changement, d’où des ouvertures inouïes que l’aménagement du territoire devrait accompagner.

La question ne mérite-t-elle pas d’être étudiée dans la perspective d’une économie s’attachant au réel. Notre société gagnerait en humanité.

Bernard Devert
Janvier 2017