Lettre au Président de la République

21 septembre 2017 § Poster un commentaire

Monsieur le Président de la République,

L’heure est celle de l’effort, cette voie que vous souhaitez privilégier pour renouer avec ‘l’héroïsme politique’. Une telle exigence fait reculer la médiocrité qu’affichent souvent les facilités.

Acteur du logement d’insertion, l’association Habitat et Humanisme mène un combat pour intégrer les populations fragilisées au sein de quartiers qui, pour ne pas être touchés par la pauvreté, ouvrent de fortes perspectives d’intégration grâce notamment à l’école.

Notre objectif est certes de construire plus de logements, mais plus encore de bâtir un habitat atténuant la déchirure sociale.

Nous sommes autant des bâtisseurs que des tisseurs de liens.

Les nouvelles orientations fiscales, après la disparition de l’ISF, sont susceptibles de diminuer notre capacité de production.

Aussi, je prends la liberté de solliciter votre arbitrage afin que soit maintenu le dispositif Pinel pour l’habitat intermédiaire en le majorant pour ceux qui, se portant acquéreur de la nue-propriété, offriraient aux bailleurs publics ou associatifs un usufruit d’au moins 15 ans pour les logements à vocation d’insertion.

Ce dernier dispositif, soutenu par une fiscalité sécurisée, relancerait une réelle solidarité, celle-là même opérant une transformation pour plus de cohésion des territoires. N’est-elle pas celle que vous recherchez pour avoir ainsi nommé le Ministère en charge du logement.

L’usufruit répondrait à votre volonté d’une plus grande fluidité du parc social et d’une minoration du prix des loyers. A financement constant, le nombre de logements financés par le prêt locatif d’insertion ou le prêt locatif à usage social serait doublé dans le cadre de l’usufruit (cf. note jointe).

Cette mesure, pour qu’elle soit pleinement opérante, nécessite qu’à l’extinction du droit réel les grands bailleurs, publics ou privés, proposent un nouveau logement à l’occupant trop fragile pour entrer dans le champ du droit commun.

Il conviendrait que l’épargne qui s’investit au sein des foncières solidaires soit éligible à une fiscalité en cohérence avec la solidarité qu’elle autorise.

Refusant les facilités, nous sommes prêts à étudier avec Bercy une obligation de résultat portant sur le nombre de logements d’insertion dans les territoires tendus afin que l’effort de l’Etat via la fiscalité et celui des investisseurs solidaires soient en cohérence.

 

 

 

 

 

 

Bernard Devert

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Ces ruptures, des murs à abattre pour faire Société

21 septembre 2017 § Poster un commentaire

La Société souffre de profondes ruptures, autant de fossés nous éloignant de la fraternité, l’un des socles de la République et du fondement de notre civilisation avec l’indépassable et éternelle interrogation du Livre de l’Humanité : « Qu’as-tu fait de ton frère « ?

–    rupture au regard des revenus.

Ne nous arrêtons pas sur ces rémunérations si exorbitantes que souvent, ni les actionnaires, ni les salariés n’en comprennent la justification. Comment expliquer que le cumul des salaires de toute une vie de travail se révèle parfois inférieur à ce qu’un dirigeant reçoit en un seul mois.

Que signifie ce désir de posséder de telles rétributions, si ce n’est de voir reconnaître sa puissance en la protégeant par une masse d’argent augmentée d’un parachute doré, une manne sans objet, les bénéficiaires ne risquant pas de connaître le désert !

Comment est-ce possible que les responsabilités ne s’accompagnent pas de la recherche d’une juste mesure, ne serait-ce que par respect de ceux dont le « reste à vivre » s’apparente à une survie. Il est des couvertures qui portent ce nom bien nommé mais, force est de constater qu’elles sont retirées à ceux qui n’ont rien ou si peu.

Soyons justes, quelques grands dirigeants refusent ces facilités pour concevoir leur engagement comme un service impliquant par là-même une part de gratuité.

–    Rupture entre le coût du logement et les ressources

Le logement, fut-il social, se révèle difficilement accessible pour les plus vulnérables. Le vocabulaire ne trompe pas : ruptures entre logement, hébergement et abri que certains n’ont même pas pour connaître la rue, un mépris du pauvre dramatiquement banalisé.

Jacques Friggit, du Commissariat général à l’environnement et au développement durable, souligne que le loyer moyen a doublé par rapport aux revenus, d’où une paupérisation des ménages accédant au logement, via la location.

Certes, les logements ont gagné en qualité, mais pour les locataires fragilisés socialement, cette observation est sans pertinence pour devoir supporter de lourdes charges en raison d’un bâti qui, ancien et vétuste, n’autorise pas la maîtrise des dépenses énergétiques.

Cette diminution des charges aurait pourtant immédiatement un impact sur le « reste à vivre », ô combien nécessaire, quand on sait qu’il est parfois inférieur à 60 € mensuels.

–    Rupture quant à l’accès à l’emploi, à l’Université et aux Grandes Ecoles

Les plus vulnérables, notamment les jeunes des quartiers sensibles, touchés par un chômage massif, voient leur exclusion aggravée. Autres graves ruptures : l’insuffisance de la lutte contre les « économies souterraines », l’absence de valorisation des métiers manuels et de l’apprentissage, voie royale à bien des emplois de qualité.

Les portes de l’enseignement supérieur sont franchies par les enfants des milieux privilégiés. 8 sur 10 des élèves en classes prépa et dans les grandes écoles d’ingénieurs sont des enfants de cadres.

Que de ruptures se présentent comme des murs qu’il nous faut apprendre à détruire pour ouvrir des passages. Tisser et bâtir des liens se révèlent une urgence pour éviter ces blessures ouvertes qui avec le temps s’infectent, laissant au mieux des cicatrices si profondes que le corps social perd de sa vitalité.

Que de fois entendons-nous : notre monde marche sur la tête ! Il a perdu le sens, finalement l’équilibre, né de ces ruptures qui y contribuent largement.

L’heure est de trouver des ressources qui ne sont pas seulement financières pour relever d’une exigence éthique, visant la recherche d’ajustements pour une Société plus équitable, ce qui ne veut pas dire uniformisée.

Agir pour lézarder ces murs nécessite un formidable chantier pour un monde nouveau. Les chercheurs d’espoir ne trouvent pas leur place. N’entrent que ceux habités par l’espérance, qui ne l’est vraiment que si elle anticipe, ‘ici et maintenant,’ ce qui est attendu. Tout le reste est vain, sauf à se payer de mots qui ne transforment rien.

Faire Société, c’est susciter un « faire ensemble » pour mieux « vivre ensemble ». Ne désertons pas ce chantier. Il est grand ouvert à tous. Inutile de s’y rendre avec un casque, la seule protection est de consentir à ne point attendre d’approbation, laissant au temps le soin d’éclairer la pertinence des transformations qui s’imposent.

Bernard Devert
Septembre 2017

La loi SRU, pierre d’angle de la mixité sociale

18 septembre 2017 § 1 commentaire

Si la République est une et indivisible, Il n’en demeure pas moins qu’elle consent à des ghettos dont certains s’apparentent à l’apartheid. Trop de logements à vocation sociale sont encore réalisés dans des périmètres qui développent la pauvreté pour la focaliser.

La loi du 13 décembre 2000 Solidarité et Renouvellement Urbains, bien connue par son acronyme SRU, déchaîna les passions. Que d’oppositions ce texte n’a-t-il pas suscitées ! Il fut présenté par l’opposition comme un danger pour la qualité de vie et l’habitat des Français. La diversité serait-elle un risque et la fragilité une menace ? Alors, il faudrait penser que la sécurité naîtrait de l’enfermement et du repli sur soi dont la carte scolaire donne une triste et inquiétante visibilité.

L’opposition s’est levée contre ce texte, brandissant l’article 72 de la Constitution qui dispose que les Collectivités s’administrent librement, oubliant à dessein la fin de la phrase : dans le respect des lois de la République.

L’amnésie est une vive tentation pour tenter de justifier, au prix de la trahison, les refus du changement. Michel Rocard fut victime de cette même vilénie : « la France ne peut pas accueillir toutes les misères du monde » occultant là encore la suite de son propos : mais elle doit prendre sa part.

La part manquante traduit le refus de l’autre pour le considérer comme une charge. Il est une chance pour permettre à chacun de s’inscrire dans une plus grande et exigeante humanité. Pourquoi faut-il toujours ériger en système ‘le même’, reportant sine die les décisions dont l’absence détruit l’espoir.

Cette loi, votée, n’aura de cesse d’être remise en cause, en 2002 puis en 2006 avec la dernière intervention de l’Abbé Pierre qui, à l’âge de 92 ans, se présenta en fauteuil roulant dans l’hémicycle, s’opposant à ce que la loi déplace sur l’intercommunalité l’application des 20% du logement social aux fins de ne point aggraver les phénomènes de ghettoïsation.

Il livrait son dernier et juste combat.

L’objectif de la loi SRU est de diminuer les marqueurs qui sont à la Société ce qu’ils sont au corps humain, la trace de métastases.

L’enfièvrement des banlieues a conduit à des guérillas urbaines pour concentrer sur de mêmes territoires des populations qui désespèrent de pouvoir être considérés comme des citoyens à part entière, d’où ces quartiers de non droit et cette montée inexorable des extrêmes dont une des premières causes est le ressenti de l’oubli.

La loi SRU concourt à une réconciliation du corps social qui souffre, non seulement du manque de logements, mais de ces fractures qui le désarticulent au point de lui enlever toute cohésion.

D’aucuns des élus qui ont voté ce texte se sont interrogés sur la possibilité pour les Communes de se dédouaner des logements sociaux en payant des pénalités, relevant de mauvaise mémoire ce que fut le mur de l’argent. Cet aménagement qui en blessa beaucoup fut accepté, conscients que sans cette ‘sortie’ la loi SRU ne serait pas entrée en vigueur.

Ils ont eu raison. Progressivement, les communes situées en territoire SRU se plient à cette mesure d’autant plus que la loi ALUR prévoit que les Maires, déterminés à refuser l’application de l’article 55, s’exposent désormais à se voir retirer, au profit des Préfets, le pouvoir de signer les permis de construire. En outre, les pénalités pour les communes carencées deviennent contraignantes, réduisant le nombre de ‘hors la loi’.

Des échos laissent entendre que le Gouvernement repousserait à 2025 la réalisation du quota de 25% de logements sociaux et autoriserait, pour les zones tendues, l’intégration des logements intermédiaires dans ce pourcentage.

Réduire le champ d’application de l’article 55 de la loi SRU, c’est priver les personnes en situation de fragilité de trouver un habitat dans les quartiers socialement équilibrés au sein desquels les chances d’insertion sont considérablement majorées.

Les orientations de la majorité visent l’atténuation des rigidités sociales dont certaines constituent effectivement des rentes. Or, la loi SRU est un formidable accélérateur de la transformation sociétale. N’inscrit-elle pas la diversité comme une ouverture et une protection des plus vulnérables qui, quittant les espaces d’enfermements et d’hostilités latentes, découvrent une hospitalité suscitant de nouveaux possibles.

La mixité ne va jamais de soi, elle est un combat permanent pour que celui qui est autre trouve sa place. Le déserter, c’est se mettre à distance d’une éthique qui, comme le dit joliment Emmanuel Levinas, est une optique, en d’autres termes la vision d’un monde au sein duquel il nous faut apprendre à devenir des bâtisseurs de liens.

Bernard Devert

 

Se mettre en cause pour briser quelques causes du mal-logement

5 septembre 2017 § 1 commentaire

Je n’ai pas de toit. Que de fois ce cri déchirant est entendu. Ce malheur, récurrent depuis plus de 60 ans, ajoute à ce drame celui d’une dédramatisation en raison d’une installation du mal-logement dans le paysage.

Aussi, convient-il de rechercher comment lézarder, plus encore écrouler ces murs qui n’ont pas permis de bâtir ceux qui s’avéraient nécessaires pour abriter décemment les plus fragilisés de notre Société.

Le pouvoir d’agir doit se présenter comme un ressort faisant surgir aussi rapidement que possible de nouvelles propositions. Tout ce qui concerne l’immobilier est long, trop long, aussi, faudra-t-il du temps – cet ennemi pour ceux qui n’ont pas de toit – pour que chaque foyer, quelles que soient ses difficultés, ait accès à ce minimum d’humanité qu’est le logement.

Assez des victimisations et culpabilités qui enferment, l’heure est celle d’une approche entrepreneuriale à tous les niveaux de la société, des fonctionnaires aux acteurs économiques et sociaux, pour construire, en donnant une priorité absolue à l’intérêt général.

Quelles que soient les sensibilités, l’échec du Président de la République et de son Gouvernement serait, pour la démocratie, un désastre. Il serait le nôtre.

Dans sa dernière ITW, le Président de la République prend l’engagement de revoir les grandes politiques publiques dont les résultats ne sont pas, dit-il, à la hauteur des dépenses engagées ou des comparaisons avec nos partenaires européens. Le logement est l’une d’elles.

Les difficultés budgétaires vont conduire à faire mieux et plus, avec moins. Il y a ici une remise en cause des pratiques. Le sujet n’est pas de se justifier mais de rechercher des propositions crédibles qui changent la donne. Habitées par la créativité, les contraintes se révèlent souvent chance d’un autrement.

Gardons à l’esprit que trop de membres du corps social souffrent. Aussi, convient-il de veiller à ce que les aides ne soient pas supprimées tant que les résultats tangibles d’une nouvelle politique ne seront pas effectifs.

  1. Emmanuel Macron souligne combien il est difficile d’accéder au logement pour les plus vulnérables : un coût trop élevé par rapport aux ressources, d’où la nécessité de faire baisser loyers et charges en libérant le droit de l’urbanisme, le foncier et en abandonnant les normes sauf celles contribuant à la qualité énergétique et à un habitat désirable, suivant l’expression du Président de l’USH.

Les situations de crise favorisent le provisoire dont nous savons qu’il dure, telles ces machines à loger, bâties à la hâte, ‘emmurant’ les plus fragiles.

Prenant acte que le chômage et mal-logement sont deux maux qui doivent reculer de par la ferme détermination du pouvoir politique et des acteurs économiques et sociaux, développons une approche limitée dans le temps de l’habitat social via le démembrement de la propriété.

Le pari est de relever que la pauvreté n’est pas une fatalité. S’inscrire dans cette perspective et la faire partager c’est déjà la faire reculer.

Avec un usufruit de 15 à 18 ans, représentant 40% du prix du logement, nous trouvons alors des marges de manœuvre pour bâtir plus, mais aussi pour faire de l’habitat un signe de confiance, un espace où l’on peut rebondir de par les ouvertures qu’il suscite. Cette vision dynamique justifie le maintien de l’article 55 de la loi SRU.

La nue-propriété portée par des grands investisseurs, le serait aussi par des personnes physiques qui, parfois inquiètes pour leur retraite, envisagent l’acquisition d’un patrimoine permettant d’avoir un complément de ressources.

La réussite de cette orientation suppose trois conditions :

  • un accompagnement des occupants pour faciliter leur autonomie, dans cette conviction chevillée au cœur que toute personne a un talent. Le faire reconnaître c’est faire naître les conditions de la réussite.
  • une fiscalité sécurisée et équilibrée, tenant compte à la fois des impératifs du bien commun et des intérêts particuliers. Cette ouverture est une réconciliation de l’économique et du social.
  • un contrat-cadre avec les grands bailleurs publics ou privés pour qu’au terme de l’usufruit, le propriétaire retrouve la jouissance plénière de son bien, l’occupant n’ayant pas de droits supérieurs à l’usufruitier.

Quittons le concept du logement social, trop souvent un marqueur, pour en faire une politique sociale de l’habitat. Cette perspective ne revêt-elle pas les conditions à minima d’une ville plus inclusive l’ouvrant sur une hospitalité pour lutter contre les hostilités.

Bernard Devert
4 septembre 2017

Fabriquer du vivant ou créer de la vie ; nous voici appelés à nous prononcer

4 septembre 2017 § Poster un commentaire

L’éthique ne condamne pas, elle réveille pour comprendre que l’homme ne l’est vraiment que s’il s’insurge contre les causes de déshumanisation.

Il est de ces situations qui ne peuvent nous laisser indifférents, sauf à devenir étrangers non seulement au malheur de l’autre, mais aussi à sa propre humanité.

Un des combats majeurs est de refuser la banalisation du malheur. L’indifférence est destructrice de l’humain.

« L’intranquillité » ne serait-elle pas la seule attitude humaine acceptable, aux fins de demeurer vigilants à cette nécessité de changer et faire changer ce qui peut et doit l’être. Cette perspective ouvre le champ de la pensée et de l’action. L’étroitesse abime.

Toute réduction est une mutilation.

Quelle écoute avons-nous de cette part manquante de l’autre. N’est-elle pas une chance pour se protéger de ces raisonnements qui font céder notre humanité au nom du raisonnable, reportant sine die des décisions dont l’absence taraude l’espoir.

Bien des argumentations, pour ne point s’éprouver avec discernement, rendent sourds les craquements de l’âme, se révélant pourtant des appels à une liberté intérieure.

Une des terreurs qui nous tient, et à laquelle nous tenons plus que nous le croyons, est de veiller à ne point se tromper pour ne pas être trompés. Vouloir tout comprendre avant d’entreprendre est le plus sûr moyen de substituer au pouvoir d’agir, celui de la velléité.

Notre civilisation laisse présager « l’homme réparé » pour être prolongé. La durée, comme désir de puissance, n’est pas sans analogie avec les bâtisseurs de la tour de Babel.

Yuval Noah Harari, auteur du Livre Une brève histoire de l’avenir, affirme qu’est commencé pour l’homme le temps du passage de l’homo-sapiens à l’homo-deus, pour être désormais en capacité de fabriquer du vivant.

Seulement, Dieu ne fabrique pas, Il crée et ne cesse de créer pour que l’homme devienne créateur. Le risque ne serait-il pas de vouloir posséder cette création pour la réduire à notre image, celle précisément de fabricant.

Vivre, ce n’est pas seulement être en capacité de faire circuler à l’infini l’information, selon Harari, mais ne serait-ce pas reconnaître une Parole qui, pour nous décentrer de nous-mêmes, nous fait naître à ce que nous sommes appelés à devenir.

Alors s’éveille ce moment où l’on comprend que grandir en humanité, c’est se confronter à cette question : qu’est-ce-que l’homme.

Le Fils de l’homme nous accompagne sur ce chemin pour nous en faire saisir le sens comme orientation mais aussi comme densité offrant à l’existence une intensité pour réconcilier temps et éternité.

Un proverbe demande d’attendre le soir pour dire si le jour fut beau. Il l’est si nous avons pu écouter cette voix intérieure rappelant souvent l‘idéal de notre jeunesse. La nuit qui vient alors n’est plus celle des ténèbres pour être auréolée de ce service diaphane d’une humilité qui signe l’humanité.

Bernard Devert
4 septembre 2017

La rentrée, non pas l’angoisse de la feuille blanche, mais la chance d’écrire un nouveau chapitre dans le livre d’humanité

31 août 2017 § Poster un commentaire

La rentrée est parfois difficile, mais n’est-elle pas traversée par le bonheur d’être engagés au sein d’une activité qui fait sens pour nous mettre en mouvement.

Quand une maman abandonnée avec ses enfants est en souffrance sociale et affective, l’heure n’est-elle pas de bâtir en urgence des liens pour ne point la laisser dans un défaitisme qui ronge l’énergie, si nécessaire pour se relever.

Quand une personne isolée, confrontée au manque de ressources et à la perte d’autonomie, survit dans un logement inadapté, bâtir des liens, c’est lui témoigner attention et respect.

Quand un jeune, éprouvé par trop d’échecs, pense qu’il n’a pas d’avenir, comment ne pas agir pour ouvrir son horizon.

Quand un foyer touché par le chômage se désagrège au regard de trop de pertes qui entament l’estime de soi, est-il concevable d’imaginer l’indifférence.

Autant de prises de conscience qui réveillent pour ne point laisser à l’absurde le champ libre dans un monde qui, pour beaucoup, est loin d’être magnifique, tant il est pour certains dramatique.

Lévinas dit joliment que l’éthique est une optique. En d’autres termes, une vision, celle qui doit être la nôtre pour faire bouger les lignes.

Bâtir des liens nécessite une mobilisation de l’intelligence et du cœur pour ne rien céder à la résignation qui abime.

Chaque fois que des êtres sont sur « le fil », bâtissons des liens. Ils sont ceux de la dignité, cette part manquante qui, pour être oubliée, fait que la Société perd de son unité, d’où un corps social désarticulé, en souffrance.

Gustave Flaubert dit : « que ce ne sont pas les perles qui font le collier, mais le fil ». Ne serait-il pas aussi celui de la fraternité. Les tisseurs ne sont point des dignitaires, mais des diamantaires pour reconnaître que tout homme est une perle.

Que de raisons de s’émerveiller. Surtout n’arrêtons pas notre regard sur les rayures, tout orfèvre en humanité sait que la bienveillance les efface.

Alors courage et audace pour cette rentrée.

Bernard Devert
30 Août 2017

Ces liens à bâtir pour faire Société

25 août 2017 § Poster un commentaire

L’indifférence n’est pas sans construire des fractures. Que de réveils difficiles traversés par cette interrogation lasse et lancinante, comment en est-on arrivé à de telles situations défigurant le corps social.

Ne nous payons pas de mots, la déficience de cohésion sociale traduit un corps démembré, désarticulé, un corps souffrant.

Les plaintes ne soignent pas le mal. S’imposent des décisions atténuant l’enfièvrement. L’une d’entre elle est de bâtir des liens, en s’approchant de la question qui interroge la conscience, mobilisatrice d’engagements, s’opposant au fatalisme qui nourrit l’accablement des destins.

Quand une maman abandonnée avec ses enfants est en souffrance sociale et affective, l’heure n’est-elle pas de bâtir en urgence des liens pour ne point la laisser dans un défaitisme qui ronge l’énergie, si nécessaire pour se relever.

Quand une personne isolée, confrontée au manque de ressources et à la perte d’autonomie, survit dans un logement inadapté, bâtir des liens, c’est lui témoigner attention et respect.

Quand un jeune, éprouvé par trop d’échecs, pense qu’il n’a pas d’avenir, comment ne pas agir pour ouvrir son horizon.

Quand un foyer touché par le chômage se désagrège au regard de trop de pertes qui entament l’estime de soi, est-il concevable d’imaginer l’indifférence.

Autant de prises de conscience qui entraînent des évènements pour ne point laisser à l’absurde le champ libre dans un monde qui, pour beaucoup, est loin d’être magnifique pour se révéler dramatique.

Bâtir des liens nécessite une mobilisation de l’intelligence et du cœur pour ne rien céder à la résignation qui toujours abime. Tout homme est une chance de liberté avec le risque de connaître des formes d’esclavage qui ont pour noms, la rue, l’isolement, l’angoisse, le mépris de ces regards qui pensent que vous n’êtes rien, pour n’avoir rien ou si peu.

Lutter contre ces maux qui détruisent, c’est bâtir des liens qui opèrent une transformation diaphane des relations.

Chaque fois que des êtres sont sur « le fil », bâtir des liens, c’est travailler sur la question du sens ; quand un seul se perd, c’est la Société qui s’égare pour perdre son unité.

Gustave Flaubert dit : « que ce ne sont pas les perles qui font le collier, mais le fil ». Ne serait-il pas celui de la fraternité, sans laquelle in fine le contrat social est résilié.

Bernard Devert
Août 2017